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Blog des collections
« Les Papiers » : Michel Vinaver

« Les Papiers » : Michel Vinaver

Écrit par Simon Chemama

Nous avons choisi de nous arrêter sur une de ses pièces les plus importantes : Par-dessus bord. C'est en tout cas celle qui a occupé Michel Vinaver le plus longtemps, comme en témoignent les multiples versions qu'il a composées. Verrons-nous à travers ces documents la création artistique en train de se faire ? Michel Vinaver lui-même nous mettrait en garde vis-à-vis de cette ambition : « toute approche de la création artistique est par essence un acte éloignant [...] qu'est-ce qui fait une œuvre d'art ? question impossible [...] de transformation en transformation naît l'œuvre (sans aucune grammaire) », notait-il lors d'une conférence d'Henri Maldiney à laquelle il assistait à Sénanque en 1982. C'est aussi qu'il n'est pas évident de délimiter la genèse de Par-dessus bord, pièce en six mouvements imaginée dès le départ par son auteur comme un « work in progress ». 

Les personnages en organigramme

Les premiers éléments pour Par-dessus bord apparaissent en septembre-octobre 1967 (petit carnet). Septembre-octobre 1968 : premier cahier préparatoire. Un an de pause à nouveau. Septembre-octobre 1969 : fin du premier cahier et suite dans le second cahier, qui comporte des notes datées jusque début 1970. Durant ces deux périodes de travail de 1968 et 1969, Michel Vinaver se trouvait seul, dans une maison prêtée par des amis, à Châteaudouble dans le Var.

Michel Vinaver. Premier cahier préparatoire, p. 32-33, octobre 1968.
Fonds Michel Vinaver / Archives Imec.

Ici émerge une première version du système des personnages, principalement sous la forme d'un organigramme, manifestement retravaillé lors d'une campagne de correction ultérieure : des noms sont modifiés (Léo Marx devient Alex Klein), des personnages disparaissent (l'amusant Savini, qui a existé suffisamment longtemps pour être nommé par Alvarez dans une réplique du mouvement I et que Michel Vinaver ne juge pas indispensable d'effacer dans la version éditée).

On remarque que Vinaver avait imaginé faire jouer plusieurs personnages extérieurs à l'entreprise par des « pantins » et se servir de voix enregistrées. Loin de l'image de l'auteur que l'on présente parfois, indifférent au devenir scénique de ses pièces, il cherche donc visiblement des solutions au problème pratique qui point, à savoir le très grand nombre de personnages.


« Les Papiers », série en libre accès sur le site de l'Imec, proposent le portrait d’une œuvre ou la traversée d’une thématique à travers les collections de l’Imec en invitant écrivains, philosophes, historiens ou artistes à remettre en jeu le mouvement d’une pensée grâce à l’archive et au-delà d’elle-même.

« Les Papiers Michel Vinaver » sont à lire ici.



Lien vers le fonds Michel Vinaver sur le portail des collections.
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