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La collection de l’Imec

Éditions Champ libre (1969-1984) ; Éditions Gérard Lebovici (1984-1991) ; éditions Ivrea (1991-2023)

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Fondées en 1969 par Gérard Lebovici, alors dirigeant de l'agence Artmedia, et par Gérard Guégan, journaliste d'ultra-gauche, les éditions Champ Libre sont emblématiques du renouvellement que connaît l'édition politique à la fin des années 1960. Outre Gérard Lebovici, qui insuffle la ligne directrice de la maison d'édition et dont l'activité de producteur de films permet d'en garantir l'existence, et Gérard Guégan qui assure la direction éditoriale, l'équipe se compose jusqu'en 1974 d'Alain Le Saux (direction artistique), de Raphaël Sorin (littérature étrangère), de Jean-Yves Guiomar (fabrication et histoire) et de Floriana Valentin-Lebovici (presse et droits étrangers). La maison d'édition bénéficie dès ses débuts d'un service de distribution performant, celui de la Sodis société rattachée aux éditions Gallimard grâce à l'intervention de Georges Kiejman, avocat de celles-ci et ami de Lebovici. Dès les premiers titres, qui paraissent fin 1970, la maison d'édition marque sa volonté de s'inscrire dans le sillage de mai-68 et de se distinguer des autres éditeurs « gauchistes », revendiquant son éclectisme et affirmant son goût pour la provocation. Son catalogue se démarque par la diversité de ses thèmes, donnant tant une place aux courants d'idées révolutionnaires, que publiant des classiques libertaires du marxisme ou de stratégie militaire, des textes du groupe d'information sur les prisons de Michel Foucault ou encore des ouvrages dénonçant le communisme chinois, dont le livre précurseur de Simon Leys publié en 1971 Les habits neufs du président Mao. La maison d'édition propose également une riche collection de littérature contemporaine qui regroupe, entre autres, Ramón Gómez de la Serna, Arthur Cravan, Groucho Marx, Mikhaïl Boulgakov, Fernando Pessoa, George Orwell ou encore Henry James, ainsi que des titres de poésie et une collection de science-fiction, « Chute libre ». La rencontre, en 1971, entre Gérard Lebovici et Guy Debord écrivain, cinéaste et fondateur de l'Internationale situationniste aboutit à la réédition de La société du spectacle et acte l'infléchissement progressif de Champ Libre vers les thèses situationnistes, dont elle publie les textes contemporains. Mais l'influence croissante de Debord sur l'activité de la maison d'édition participe à exacerber des tensions internes existantes dès les débuts , dont le point de rupture est atteint en 1974 : Guégan, Le Saux, Sorin et Guiomar voulant démissionner, se retrouvent licenciés. Cette séparation se retrouve d'ailleurs exposée publiquement puisque les courriers écrits à cette occasion sont publiés en 1978 par Lebovici dans le premier volume de Correspondance de Champ libre. À la suite de cette scission, l'activité éditoriale est principalement assurée par Floriana Lebovici. Dès lors, la maison d'édition occupe une position marginale vis-à-vis de l'édition traditionnelle, s'opposant au système des prix littéraires et à toute forme de promotion commerciale, refusant même d'envoyer des services de presse aux journalistes ceux-ci étant directement ciblés par une Déclaration à charge inscrite à la fin de leur catalogue à partir de 1979. Dans le même temps, Gérard Lebovici parvient à négocier les droits d'édition de l'œuvre d'Orwell en France avec sa veuve et participe ainsi à faire redécouvrir ses textes, qu'il commence à publier dès 1981 avec La Ferme des animaux. La mort brutale de Gérard Lebovici en 1984 assassiné dans des conditions non élucidées met certes un coup d'arrêt aux éditions Champ Libre mais ne marque pas pour autant leur fin. Floriana Lebovici décide en effet de poursuivre cette entreprise politique et littéraire, désormais sous le nom d'Éditions Gérard Lebovici. Toujours accompagnée par Guy Debord, elle ouvre le catalogue à des ex-situationnistes et y développe davantage la littérature, notamment italienne celle de son pays d'origine et participe à faire redécouvrir certains auteurs, tels Marcel Schwob. Après son décès en 1990, son fils, Lorenzo Valentin, reprend le fonds en 1992 et fonde une nouvelle structure éditoriale, les Éditions Ivrea en référence au village natal de sa mère dans laquelle il accentue l'attention portée à la poésie contemporaine (Bernard Collin, Roger Lewinter) et collabore avec Jaime Semprun et l'Encyclopédie des nuisances pour publier les Essais, articles et lettres de George Orwell ainsi que la première traduction intégrale de L'Obsolescence de l'homme de Günther Anders.


Présentation du contenu :
Archives éditoriales comportant : des documents relatifs à la direction générale, dont des documents financiers (comptes annuels et procès-verbaux d'assemblées générales ordinaires des Éditions Ivrea) et juridiques (relevés de droits d'auteurs, récépissés de déclarations de dépôt légal) ; des documents relatifs à la gestion éditoriale (manuscrits et épreuves d'ouvrages parus, dossiers de fabrication, iconographie) ; des documents relatifs à la gestion commerciale (documents de promotion, chiffre d'affaires, suivi des ventes et des stocks) ; les catalogues. En outre, les éditeurs ont joint aux archives, la production éditoriale des différentes enseignes, les bibliothèques historiques des fonds. Parallèlement au fonds d'archives, la maison d'édition a confié à l'Imec sa Bibliothèque historique.



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'Éditions Champ libre (1969-1984) ; Éditions Gérard Lebovici (1984-1991) ; éditions Ivrea (1991-2023)'

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