Pour Olivier

    Pour Olivier, hommage de Nathalie Léger, directrice de l’IMEC

    Vendredi 16 octobre 2020, à l’occasion de la cérémonie à Saint Jean de Montmartre.

     

    Il y a tant à dire — tant d’amitié, trop d’émotion. De notre longue collaboration, de nos échanges incessants, je ne vais extraire ici qu’un souvenir.

    C’était il y a vingt ans, lors d’un déjeuner au Collège de France. La table était un peu cérémonieuse — l’apparat, le service… Enfin, l’Administrateur s’est tourné vers Olivier et lui a demandé les raisons pour lesquelles il pensait que l’IMEC pourrait devenir un grand partenaire du Collège de France. Le silence s’est fait. Il fallait bien sûr justifier l’IMEC, saisir cette perche historique magnanimement tendue par l’institution séculaire à la jeune association que nous étions encore. Olivier a pris la parole, et je me souviens encore de la manière dont il a très simplement raconté son propre parcours de chercheur, son goût des revues, les rencontres qu’il avait faites, les raisons pour lesquelles il avait voulu et conçu l’IMEC, le rôle des archives dans sa vie… Alors tout s’est détendu, comme si chacun des professeurs autour de la table s’était rappelé qu’avant d’être membre d’une très vénérable institution, il était d’abord chercheur, c’est-à-dire situé fondamentalement hors des hiérarchies, attentif à l’inconnu. En un moment, par son récit très personnel, Olivier avait fait la démonstration de son rapport à l’institution. Or, je crois que ce rapport à l’institution, sur le plan politique comme sur le plan subjectif, a toujours été son grand sujet.

    C’était un homme de conviction — et même de «conviction contre», comme disait Bataille. Un homme de solitude (parce que l’obstination rend solitaire) et de très fidèles amitiés. Il pouvait paraitre arrogant, mais il était modeste. Il aimait l’ambiguïté, il le disait, je crois qu’il y puisait une secrète énergie — qui nous étonnait toujours ; il aimait l’ambiguïté, mais il savait faire confiance. Il aimait les rapports de force, les affaires, les « coups » ; il ne détestait pas avoir des ennemis ; et il aimait passionnément les maisons (parce que c’est ça l’archive aussi : les demeures), le désordre des papiers, les tiroirs fermés et les bibliothèques — passion d’Olivier pour les bibliothèques, pas tant la particularité de tel livre, mais plutôt la généralité d’une bibliothèque, la réunion des intelligences, la trame inépuisable des corrélations. Une chose est sûre : il fallait ses qualités propres, son rapport au pouvoir et au savoir, il fallait son tempérament, et cette inaltérable juvénilité qui était la sienne, pour inventer l’IMEC. Et ne rêvons pas, sans cette passion, sans cet emportement, l’IMEC n’aurait pas existé.

    « Comment fait-on une institution de son désir d’archives?» C’est la question qu’Olivier pose dans le petit livre d’entretiens que nous avons fait avec lui, pour lui, Albert, François et moi, au moment de son départ de l’IMEC. « Comment fait-on une institution de son désir ? » On ne saurait mieux pour soi-même cerner son propre sujet… Il faut avoir vu Olivier découvrir un fonds, ouvrir des boîtes, palper des papiers pour mesurer l’investissement énigmatique qui se jouait alors. La concentration, la réactualisation de gestes anciens, la tension de la recherche : en chaque nouvelle liasse, en chaque nouvel objet, quelque chose l’appelait et le désignait en même temps.

    L’IMEC a donc été le combat, et je crois (je sais) la grande victoire de sa vie. Et le plus bel hommage que nous puissions lui rendre, nous qui avons fait l’IMEC auprès de lui, nous qui le réinventons au quotidien, comme lui-même n’aurait pas cessé de le faire, le plus bel hommage que nous puissions lui rendre, c’est de préserver la singularité de l’IMEC, c’est de ne jamais céder sur l’exigence de conjuguer, dans l’archive, la norme et le rêve, l’invention et la recherche — hors des hiérarchies, attentif à l’inconnu.

     

    Nathalie Léger

     


    Pour Olivier, hommage d’Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC

    Église Saint-Jean de Montmartre, 16 octobre 2020

     

    Mon cher Olivier,

    J’ai encore dans l’oreille le bruit que tu faisais en descendant quatre à quatre l’escalier métallique de l’IMEC quand nous étions rue de Lille. Chaque fois que j’entendais ce vacarme, je me disais : « Tiens, c’est Olivier ! »

    Comment est-ce possible que tu sois mort, comment a-t-il été permis que tu sois malade et de cette maladie-là, toi qui ne tenais pas en place, qui bougeais tout le temps, qui nous épuisais tous avec tes nouvelles idées (tu en avais tous les jours), avec tes nouveaux projets, avec tes plans pour changer la disposition des bureaux – cette marotte qui te reprenait tous les trois mois ?

    Je pense à nos débuts, à ce que furent les débuts de l’IMEC, avec toi comme capitaine de vaisseau – genre Pirates des Caraïbes plus que Queen Mary.

    Nous étions alors une petite équipe, une toute petite bande faite de bric-et-de-broc, rassemblant pour la plupart des gens comme moi qui avaient fait déjà un certain nombre de choses dans la vie mais rien en particulier. Nous avions un pied dans l’université et l’autre dans le vide. Nous flirtions avec les vacations et les petits boulots, nous étions des génies au chômage, et tu nous as rassemblés. Nous avions trente ans et des poussières, l’âge où il faut penser à sortir de l’adolescence. Tu m’as appris à prendre la parole en public, je t’ai appris à faire rentrer ta chemise dans ton pantalon.

    Tu avais tes amis, venus de la Maison des sciences de l’Homme où tu avais fait on ne sait quoi et le goût des revues. Les revues et l’archive ont été les deux passions de ta vie. Pour les revues, tu avais déjà André à tes côtés. Un ensemble de circonstances s’était présenté qui permettait, grâce à Jack Lang, à Jean Gattegno, la création de l’IMEC. Ces circonstances, tu ne les as pas vraiment suscitées mais tu as su génialement les utiliser. Tu as pris le commandement que personne ne t’offrait, tu as réussi à obtenir la démission d’un autre candidat à la direction des affaires, Jean-Pierre Dauphin, le mentor de Pascal Fouché, l’un des autres fondateurs, qui était aussi mon mentor et celui d’André. Et tu t’es mis à la barre de cette petite embarcation à qui tout le monde à l’époque, prédisait le naufrage.

    Peu à peu, au fil des ans, d’autres personnes sont venues nous rejoindre, Jacqueline et Claire ; et, bien sûr, Nathalie qui aurait tant voulu être parmi nous ce matin et qui subit une quarantaine forcée. Nathalie à qui, avec pertinence et discernement, tu as transmis le flambeau de la direction il y a sept ans déjà. Je dis « avec pertinence », parce que l’autre personne envisagée pour cette fonction, c’était moi. Chacun d’entre vous peut mesurer la chance que cela a été pour l’IMEC (mais pour moi aussi) que ce soit Nathalie. Et puis nous ont rejoints un peu plus tard, Emmanuelle, Pascale, François, Yoann, et bien d’autres…

    Mon cher Olivier, tu as été un capitaine dingue, génial, impossible, rêveur, pragmatique. Tu avais un goût pour l’archive comme je n’ai vu personne en avoir. Tu te précipitais sur la moindre caisse poussiéreuse pour farfouiller fébrilement et en extraire le feuillet incroyable qui y sommeillait. Tu étais infatigable et inépuisable. Et nous étions avec toi, comme si nous jouions tous notre va-tout, comme s’il fallait absolument réussir notre coup. L’IMEC, qui a été ta vie, a été aussi ton coup de poker et, pour la première fois de ta vie (tu me l’as dit un jour), tu t’es mis à avoir de la chance, toi qui pensais n’en avoir jamais eu. L’IMEC s’est mis à devenir une grande chose. J’ai compris quelle était ta qualité majeure, une qualité qui ne s’acquiert pas, qui ne s’enseigne pas : tu avais du flair. Au fond, non, ce n’est pas de la chance que tu avais eue, c’est du flair. Tu avais un sixième sens, une boussole secrète pour la navigation. Et celle boussole un jour s’est mise à indiquer l’Ouest. Tu nous as tous embarqué vers une improbable abbaye en Normandie.

    Tu avais encore autre chose, un septième sens : le sens du groupe. Tu détestais faire les choses tout seul, il fallait toujours quelqu’un avec toi pour t’accompagner aux rendez-vous importants ou ennuyeux, que ce soit Nathalie, Claire ou moi. On avait beau se planquer au moment fatidique, tu nous retrouvais toujours, parfois sous le bureau. Mais, grâce à toi et à travers toi, chacun participait à la vie de l’institut. Nous étions ensemble, liés et guidés par toi. C’était une aventure, la tienne, la nôtre.

    Olivier, mon cher Olivier, avec qui j’ai vécu plus qu’avec n’importe qui d’autre, 25 ans, jours ouvrables et ouvrés, je voudrais te remercier aujourd’hui au nom de tous ceux avec qui tu as travaillé. Et aussi au nom de ceux qui ne t’ont pas connus et qui poursuivent, sans savoir parfois ce qu’ils te doivent, cette aventure que tu as permise.

    Je te dis tout cela alors que tu n’es même plus là pour l’entendre. Je ne crois pas beaucoup en Dieu, même dans les belles églises, et je ne suis pas sûr que tu aies pris tes écouteurs. Mais en revanche, je crois fermement au paradis.

    De source sûre, je sais que tu as rejoint la grande maison où ceux qui nous ont quitté t’attendent, je sais que tu refais ce matin les plans du paradis avec Christian Bourgois qui a gardé ses lunettes fumées à cause de la lumière, pendant que Catherine Girerd (18 ans, déjà que tu es partie, Catherine !) vérifie les comptes, que Jean-Loup Rivière prépare le pot-au-feu et qu’Alain Robbe-Grillet fouette la bonne.

    Je suis sûr, que tu vas nous dénicher une jolie petite abbaye (il n’y a que ça là-haut), une abbaye d’Eden, pour ouvrir un IMEC des textes posthumes, ceux qu’on écrit en rêvant. On vient de m’informer que Pierre Guyotat, arrivé il y a peu, t’a déjà rapporté ses manuscrits en s’excusant de les avoir retirés dans un moment d’égarement.

    Tu vas t’occuper de tout ca en nous attendant. Nous n’allons pas beaucoup tarder à te rejoindre. C’est quand même plus drôle là-haut. Je suis presque vieux maintenant, c’est incroyable, ça ne devrait pas trop traîner, mais tu sais bien, je suis toujours en retard. Et puis, il y a ton cher Edgar Morin qui me murmure qu’on peut prendre son temps, surtout vers la fin. Mais tôt ou tard, je viendrai, c’est promis, et nous ferons ensemble ce fameux colloque sur les testaments littéraires auquel tu rêvais. Dieu sait ce que tu as pu me bassiner avec ça… Et comme je regrette de ne pas l’avoir fait de notre vivant.

    Et puis, un jour ou l’autre, tous, nous viendrons tous te retrouver, tes amis, tous ceux qui sont ce matin, et ceux qui auraient voulu être là, et aussi les autres. Oui, même les deux ou trois salopards auxquels nous pensons tous les deux. C’est comme ça, là-haut. Et un jour, je sais que j’entendrai quelqu’un qui dévale quatre à quatre les nuages et je dirai : « Tiens, c’est Olivier ! ».

     

    Albert Dichy

     


    Pour Olivier, hommage de Jack Lang, président de l’IMEC de 2008 à 2013

    Église Saint-Jean de Montmartre, 16 octobre 2020

     

    Comment saluer la mémoire d’Olivier Corpet ? Je ne saurai me contenter de dire qu’il fut un collaborateur précieux et un ami.

    Nous garderons de lui le souvenir d’un homme brillant, engagé, cultivé. D’un homme dont les combats, les idées et l’engagement profond en faveur de la culture française forcent l’admiration. D’un homme dont l’empreinte est aujourd’hui ineffaçable.

    En relisant son ouvrage relatant la belle aventure de l’Institut Mémoire de l’édition contemporaine, je n’ai pu m’empêcher de sourire au récit qu’il fait de son propre éveil au monde des Archives. Il raconte que son premier souvenir d’un contact avec des documents historiques est survenu quand, enfant, il dessinait sur des partitions originales d’Emmanuel Chabrier. Imaginez, le père du premier fonds d’archives éditoriales et littéraires de France, qui confesse avoir détruit des précieux manuscrits hérités de son arrière-grand père ! En racontant cela, il ajoutait que ses propres recherches lui avaient démontré que ce souvenir était faux, fabriqué de toute pièce par sa mémoire.

    Ce seul « non-souvenir » d’enfance nous dit beaucoup de l’œuvre d’Olivier. L’importance de collecter, réunir, et mettre dans des conditions de conservation optimales les manuscrits et archives littéraires. L’importance de l’archive surtout, le document écrit restant d’une valeur inestimable pour saisir l’esprit du temps et de l’instant présent, là où la mémoire orale nous joue souvent des tours par son caractère malléable.

    L’Institut Mémoire de l’édition contemporaine, l’IMEC, fondé en 1988 sera son plus beau leg. En 25 ans de direction, il a réussi le tour de force de s’imposer comme le dépositaire de mémoire, le garde des sceaux, le légataire zélé des Lettres françaises. Rien ne le prédisposait en apparence à cette destinée. Chercheur en économie, contributeur et membre actif à la revue Autogestion, à Libération et fondateur de la Revue des Revues, sa plume a accompagné depuis les années soixante-dix l’effervescent bouillonnement du monde des idées.

    L’IMEC s’est fait à petits-pas, au prix de grands efforts, de recherches passionnées et de débats enflammés, grâce à sa patience bienveillante et déterminée.

    Pour avoir été Ministre au moment du lancement de ce projet, et avoir partagé comme président de cette Institution les cinq dernières années qu’il passa à la piloter, je peux témoigner de son succès et de son talent à la barre de ce paquebot qu’il dirigea un quart de siècle durant.

    Il aurait été mieux placé que moi pour décrire les avaries auxquels il a dû faire face, des menaces de coupes budgétaires au grand déménagement à Caen. D’aucuns lui avaient prédit – une nouvelle fois – un naufrage, il a finalement offert à son institution la respiration nécessaire à son épanouissement. Sur cette période, peut-être la plus riche et la plus agitée de sa vie, je laisse place à ses mots :

    « Vingt-cinq années de passions et de difficultés, d’émotions et d’arguties pour convaincre des déposants, des chercheurs et des administrateurs de tout poil et tout niveau, qu’ils avaient bien fait de placer leur confiance en ce projet. Vingt-cinq années pendant lesquelles il a fallu maintenir le cap, ruser et s’entêter tout à la fois, pour éviter les chausse-trappes et les faux débats, pour lutter sans cesse contre les « àquoibonnistes » et contre la résignation, pour résister aux normes officielles et aux opinions courantes, pour défendre avec force, et parfois avec audace, les choix qui ont été les nôtres. Plus le temps passait, plus apparaissait l’incongruité de notre existence, en même temps qu’augmentait la force d’attraction de ce que nous avions créé ».

    Belle leçon de vie que ce bilan de carrière, pour celui qui, tel un joaillier, aura su faire de ses Archives l’écrin des plus belles plumes du siècle, de Marguerite Duras à Jean Genet en passant par Irène Nemirovsky et Louis Althusser.

    Il manquait à la Littérature française, pourtant auréolée d’un rayonnement immortel et de quinze Prix Nobel, un lieu de mémoire, de conservation et de rencontres. Je crois pouvoir dire, sans exagération ni emphase, qu’il a su avec l’IMEC lui offrir le temple – ou plutôt l’abbaye – qu’elle était en droit d’exiger.

    À ceux qui le questionnaient sur ses espérances pour l’avenir de l’institution, il répondait avec humilité n’en être « ni le propriétaire ni le légataire ». À nous, alors, de remplir ce rôle, afin d’honorer de la plus belle des façons possibles sa mémoire et de poursuivre son œuvre.

    À Olivier, mon ami, je souhaiterais dire une dernière fois ma fierté de vous avoir connu. À sa famille et à ses proches, je veux dire toute mon affection. Je vous souhaite beaucoup de courage.

     

    Jack Lang

     


    Pour Olivier, hommage d’André Chabin, rédacteur en chef de La Revue des revues

    Ent’revues, 7 octobre 2020

     

    C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la mort d’Olivier Corpet. Avec quelques-uns, il avait fondé l’association Ent’revues et La Revue des revues : sa passion, son insatiable énergie avait permis à ces deux petites machines de s’inscrire durablement dans le paysage intellectuel, de trouver les moyens de se développer, de s’imposer, de faire justice aux revues, d’inventer des formes pour les faire valoir. Travail pionnier et novateur.

    Olivier, homme de revues : ils les avaient chroniquées pour Libération, avait dirigé un temps Autogestion, présidé à la réédition d’ Arguments chez PrivatLes revues étaient sa passion première : « C’est mon goût immodéré des revues qui m’a donné le goût des archives. » écrivait celui qui en 1988 allait co-fonder l’IMEC.

    On trouvera dans de multiples textes et interventions la profondeur et la perspicacité de ses vues sur le phénomène éditorial qu’inventent depuis près de deux siècles les revues. En 1988, il donnait une long entretien au Bulletin des Bibliothèques de France qu’il faudrait citer en entier tant il reste d’actualité et accumule les analyses stimulantes sur ces objets aussi fragiles que précieux et méconnus:

    « Il est beaucoup plus important, en revanche, de souligner que la revue est un genre en soi, autonome, avec sa dynamique propre, sa logique, et qu’en tant que produit fragile, économiquement faible, elle nécessite à tous les niveaux un traitement particulier, approprié à ses spécificités, différent donc de ce qu’on pratique pour le livre ou la presse en général. La revue est le moins banalisé, et donc le plus difficilement normalisable, des produits de l’édition. »

    « Le travail des revues se situe aux antipodes de la facette de plus en plus spectaculaire d’une partie de la vie intellectuelle ou littéraire. Il peut être un efficace antidote aux poisons de ce spectaculaire car il suppose un travail lent, en profondeur, souterrain, fait d’humilité, de patience, d’opiniâtreté. Un travail aux effets non immédiats, un pari sur le temps. En ce sens, la revue peut apparaître comme une forme anachronique de création et de communication.»

    Trente ans après, en 2017, dans un dernier entretien sur les revues donné aux Cahiers du GRM (réalisé  par Thomas Franck et Caroline Glorie, préparé avec l’aide d’Alain Loute et François Bordes), il déclarait fidèle à sa pensée de toujours : « Oui, je conçois la revue comme moment d’autogestion de l’intelligentsia. C’est le moment où, en créant une revue, l’intelligentsia s’approprie ses moyens d’expression. Cela se voit à l’artisanat de la revue, à ce mini-monde qui essaie de construire un dispositif éditorial singulier. »

    Reconnaissance.

     

    Olivier Corpet et Christian Bourgois à l'ouverture de la bibliothèque de l'IMEC à l'abbaye d'Ardenne, 2005. © Pascale Skrzyszowski-Butel

    Olivier Corpet et Christian Bourgois à l’ouverture de la bibliothèque de l’IMEC à l’abbaye d’Ardenne, 2005. © Pascale Skrzyszowski-Butel