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L’écologie politique dans les collections de l’Imec

L’écologie politique dans les collections de l’Imec

Écrit par Les Collections

La question écologique s’impose désormais comme l’un des enjeux majeurs de notre temps, tous les champs du savoir sont mobilisés pour répondre aux défis posés par les transformations de l’environnement. Toutefois, la plupart de ces questionnements, de ces interrogations, ne datent pas d’aujourd’hui mais ils ont, au contraire, suivi de près le processus de modernisation, dès son commencement. Regarder les collections de l’IMEC au prisme de l’écologie permet de découvrir toute la richesse de corpus textuels qui constituent des pièces essentielles d’une archéologie de la pensée écologique.

Qu’il s’agisse de l’écologie politique théorisée par André Gorz, de l’écoféminisme de Françoise d’Eaubonne, de la critique de la technique de Cornelius Castoriadis et Paul Virilio ou des aspects philosophiques chez Félix Guattari et Michel Deguy, ces contributions demeurent précieuses pour les savoirs d’aujourd’hui. Ces écrits font aujourd’hui l’objet d’une toute nouvelle attention, ils sont parfois réédités ou publiés dans des recueils ou des anthologies.

Dans la salle de lecture de l'abbatiale, vous pouvez découvrir une sélection d'ouvrages donnant un aperçu de cette richesse.

Naissance de l'écoféminisme, Françoise D'Eaubonne ; Caroline Lejeune.

Ce texte de Françoise d’Eaubonne est un chapitre central de son ouvrage Le Féminisme ou la Mort paru en 1974. C’est là qu’est utilisée pour la première fois en français la notion d’« écoféminisme ». En voyant des racines communes dans la domination des femmes et la destruction de la nature, elle apporte une lecture écologique aux enjeux féministes des années 1970 et une perspective féministe à l’écologie politique française.

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Écologie et politique ; correspondances et compléments, Cornelius Castoriadis.

Les trois parties de l'ouvrage éclairent chacune une facette de la pensée politique de Castoriadis. La première propose un ensemble sur les rapports entre écologie et politique et met en relief la profondeur de sa pensée sur des questions comme le rôle de la technique ou les rapports entre savoir et pouvoir. Y ont été joints quelques échanges avec Jacques Ellul, qui a joué un rôle pionnier dans l'étude critique de la technique. Écrits il y a plus de trente ans, ces textes sont pourtant on ne peut plus actuels.

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Écologiques, Michel Deguy.

« Le géocide est en cours ; non pas "un", mais le : il n'y en aura pas deux. L'écologie, une "logie" (pensée, parole, dires) de l'"oïkos" (maison, habitation, terre des hommes), n'est pas facultative. Si elle n'est radicale, elle n'est rien. L'écologie ne concerne pas l'environnement (l'Unwelt des éthologues) mais le monde (le Welt des penseurs). »

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Défense populaire et luttes écologiques, Paul Virilio.

Dans cet essai Paul Virilio esquisse la possibilité d’un rapprochement entre les luttes populaire en défense des territoire et l’émergence des mouvements écologiques dans les années soixante-dix.

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Les Trois Écologies, Félix Guattari.

« Le drame écologique dans lequel est engagée la planète humaine a longtemps été l’objet d’une méconnaissance systématique. Or les perturbations écologiques de l’environnement ne sont que la partie visible d’un mal plus profond et plus considérable, relatif aux façons de vivre et d’être en société sur cette planète. L’écologie environnementale devrait être pensée d’un seul tenant avec l’écologie sociale et l’écologie mentale, à travers une écosophie de caractère éthico-politique. »

Contretemps.

Publiée par la Coopérative d’information et de recherche écologiste du Québec, la revue Contretemps proposait dans son premier numéro des articles sur le nucléaire, l’état des littoraux et des forêts ainsi qu’un entretien avec André Gorz intitulé « La micro-électronique nous changera-t-elle l’avenir ? ». Paru en mai 1984, cet entretien visionnaire posait des questions d’une intense actualité aujourd’hui. Cet exemplaire provient de la bibliothèque qu’André Gorz a confié à l’Imec.

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Cahiers Confrontation.

Cette revue semestrielle publiée par les éditions Aubier-Montaigne était dirigée par le psychanalyste René Major avec la collaboration de Françoise de Gruson et Chantal Talagrand. Paru au printemps 1982 et conçu par Jean-Luc Évard, ce septième cahier, se concentrait sur la notion de catastrophe, rassemblant des textes de Paul Virilio, Jean Baudrillard, René Major, Roger Dadoun ou Maria Torok. Le dessin de couverture est l’œuvre de l’artiste italien Valerio Adami.

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Les Pensées de l’écologie : un manuel de poche, Baptiste Lanaspeze, Marin Schaffner (Éds.).

« Qu’est-ce que connaître le vivant ? Comment bien vivre sur Terre ? À partir de quels principes refaire des mondes ? Depuis un demi-siècle environ, les humanités écologiques recomposent les relations entre nature et culture, homme et animal, éthique et biologie, connaissance et imagination ». Cette anthologie parue en 2021 propose des textes emblématiques de la richesse de la pensée écologique du dernier siècle et on y retrouve des écrits d’auteurs et autrices dont les archives sont conservées à l’Imec : André Gorz, Pierre Clastres, Françoise d’Eaubonne et Félix Guattari.

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Écologie et liberté, André Gorz.

Écrit par le philosophe André Gorz, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, dans les années 1970, l'ouvrage soulève des problématiques environnementales fondamentales. Face à la croissance effrénée de la société de consommation et ses dérives, André Gorz envisage la possibilité d’une révolution économique, sociale et culturelle qui instaurerait un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur travail et à la nature, l’écologie politique s’inscrivant clairement dans le champ de la lutte anticapitaliste.

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Terre Patrie, Edgar Morin et Anne Brigitte Kern.

Dans cet ouvrage, Edgar Morin et Anne Brigitte Kern s’interrogent sur les conditions de vie sur terre à l’heure de la globalisation et de l’interdépendance des sociétés humaines : « La prise de conscience de la communauté de destin terrestre doit être l'événement clé de la fin du millénaire. Nous sommes solidaires dans et de cette planète. C'est notre Terre-Patrie. »



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