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Le Communisme. Révolution et communication ou la dialectique des valeurs et des besoins

Auteur : Dionys Mascolo

ISBN : 978-2-35526-182-4

Année : 2018

Prix : 27 €

Largeur : 16 cm

Hauteur : 21 cm

Nombre de pages : 648

L’une des œuvres maîtresses de la critique communiste, écrite au sortir du parti par celui qui, associé à Blanchot, Antelme et Duras, mènera de 1955 à 1970 les actions intellectuelles-politiques les plus marquantes (le « Manifeste des 121 », entre autres). Publié en 1953 chez Gallimard, « Le Communisme » n’a jamais été réimprimé, et est introuvable depuis.

En partenariat éditorial avec l’imec.

C’est en 1953 que paraît Le Communisme de Dionys Mascolo, livre considérable par son ambition autant que par son ampleur. Le premier, en France, de cette ampleur, a montrer l’ambition de repenser le communisme d’un point de vue non-communiste, c’est-à-dire extérieur au parti, dont Mascolo a été exclu en 1950, en même temps que Antelme et Duras, ses amis, qui n’y auront appartenu que les quelques années de l’immédiat après-guerre.

Ce livre est inclassable, ce n’est pas douteux, qui ne demandait pas à l’être. D’ailleurs, un communisme abondant, prolixe, généreux, etc., bref, un communisme à l’état naissant, encore marxiste, n’eût sans doute pas éprouvé le besoin de le classer. Moins encore celui de le craindre. Il eût constitué une pierre de plus à un édifice à la fois précis et vague, austère et fantaisiste, indéfini et limité, universel et intime, violent et rêveur, chargé d’angoisse et heureux. Empêchant qu’on puisse dire si le communisme est une révolte ou une révolution ; si l’insurrection lui suffit ou si elle n’en est qu’un moyen ; s’il est un ordre ou un désordre, une fête ou une contrition, une volupté ou un puritanisme.

De tous les livres susceptibles de plaider en la faveur de la vitalité d’un communisme imaginaire, celui-ci est le plus remarquable. Il continue de tracer ce sillon que le surréalisme n’a pas cessé de tracer secrètement au cœur du stalinisme, mais un surréalisme qui n’eût pas craint de reprendre au communisme stalinisé un bien qui ne lui eût pas moins appartenu, et qu’auraient tout aussi bien pu désirer reprendre d’autres anciens surréalistes entre-temps stalinisés (Aragon, Eluard, Tzara, Vailland, Sadoul, etc.). La possibilité existait encore qu’un « communisme surréaliste » damât le pion au communisme stalinien (mai 1968 dira quinze ans plus tard ce qu’il pourrait être d’un tel communisme qui hériterait de la Commune, de Rimbaud et du surréalisme autant que de Marx et de Lénine). En langue stalinienne, on aurait dit alors, si on y était resté disposé, un communisme « français », au sens où Thorez avait, après la guerre, appelé à l’existence d’une « voie française » vers le socialisme, après la guerre c’est-à-dire quelques années avant seulement, que la glaciation de la Guerre froide ne figeât la situation politique et théorique (et l’on rappellera que cette « voie française » vers le socialisme voulait encore faire la part belle au socialisme utopique, au surréalisme).

Mascolo aura donc été le premier après la guerre, on l’oublie, trop et facilement. D’autant plus facilement que si Les Aventures de la dialectique de Merleau-Ponty, ou si L’Opium des intellectuels de Raymond Aron sont disponibles, il y a plusieurs décennies que Le Communisme de Dionys Mascolo ne l’est plus, qui n’a jamais été réédité ni même, sans doute, réimprimé.

Co-édition Lignes/IMEC

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