La Programmation

Colloque Agenda

08 octobre 2020 - 10 octobre 2020
IMEC, abbaye d'Ardenne, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe

Annulation | Les Gais Savoirs | Fernand Deligny, écrire à l’infinitif

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, le colloque du 9 et 10 octobre sur Fernand Deligny est reporté à une date ultérieure.

 

Figure légendaire pour qui se préoccupe de l’« enfance inadaptée », Fernand Deligny (1913-1996) fait l’objet ces dernières années de nombreuses recherches. Hors normes, libertaire, farouchement critique à l’égard de la prise en charge des enfants autistes, il adresse aux cliniciens, éducateurs, écrivains et artistes des questions toujours plus actuelles sur leurs pratiques.

« Mon seul projet était d’écrire. Écrire à l’Infinitif ». Écrire chez Deligny relève d’une pratique quotidienne et inlassable : l’écrire est un geste et une activité infinie, le lieu d’une recherche permanente. Cette écriture s’est incarnée au fil des époques dans des textes de genres et de factures très divers, du récit naturaliste à ses débuts, au conte, à l’essai ou au roman auto-biographique ; les écrits de la période cévenole se caractérisant par une approche poétique de plus en plus radicale. Travaillant la répétition, le rythme, la prosodie, se jouant du langage, l’écriture de Deligny ne cesse de faire glisser le sens des mots, de construire et de déplacer la syntaxe pour produire de nouvelles formes de dire, et de penser. Son écriture résonne alors avec tout un pan de la littérature, où le langage sorti de ces gonds, tourne éperdument autour de lui-même et de ce qui, sans cesse, lui échappe.

Aux bornes du langage, apparaît l’image. L’image, ce trou autour duquel le langage ne cesse de tourner, est au coeur de l’écriture de Deligny, ce qui la travaille infiniment. Images : strates de souvenirs, éclats de mémoire, images vues, images filmées des aires de séjours, images revues, images animées, images à prendre, images imprenables, images empreintes, images traces. L’image incarne chez Deligny le dehors du langage, son contrepoint indispensable, les deux, algue et champignon, formant lichen. Le cinéma, l’usage de la caméra, de la vidéo, constituent alors aussi l’un des nœuds de son écriture. Camérer c’est penser une pratique du cinéma – à l’infinitif également, en même temps que l’écrire, à commencer par le mot lui-même.

Ce GAI SAVOIR propose d’explorer ensemble textes et images de Deligny afin de cerner cette pratique «infinitive» qu’il nomme écriture.

Un partenariat entre l’IMEC, l’École Universitaire ArTec, l’Université Paris-Nanterre et l’unité de recherche Histoire des arts et des représentations (HAR).

PROGRAMME

Colloque Agenda

Fernand Deligny, manuscrit de L’enfant de citadelle, 1988. Archives Fernand Deligny/IMEC.

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