L’abbaye d’Ardenne

Historique

L’abbaye durant la Seconde Guerre mondiale

La famille Vico, propriétaire de la partie ouest de l’abbaye, est activement engagée dans la Résistance. Renseignement, séances d’entraînement, cache d’armes parachutées… Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent sur les plages normandes. L’abbaye constitue un point stratégique et elle tombe le 7 juin aux mains la 12e division allemande SS-Panzer Hitlerjugend. Juchés sur les tours octogonales de l’abbatiale, les soldats allemands surveillent les mouvements des troupes alliées des plages du débarquement jusqu’à Falaise, de l’autre côté dans les terres. Des combats acharnés, dominés par des tirs d’artillerie, se déroulent pendant un mois.

Le 7 juin 1944, au début de la bataille, les allemands font prisonniers des soldats canadiens, qu’ils emmènent à l’abbaye. Dix-huit de ces jeunes gens sont exécutés, au mépris de la convention de Genève et des droits des prisonniers. D’autres exécutions sommaires eurent lieu durant ce mois de bataille. Aujourd’hui un mémorial commémore sur les lieux du drame ce tragique événement.

L’abbaye est reprise aux allemands le 8 juillet 1944 par les soldats canadiens du Regina Rifle Regiment, ce qui permet la libération de la rive gauche de Caen dès le lendemain.

Caen et sa région ont payé un lourd tribut humain pendant ce mois. La ville de Caen est détruite à 70%. Ardenne n’est quant à elle plus que ruines. Tous les toits des bâtiments de ferme ont été soufflés, les charpentes ont brûlé, les murs sont éventrés. La grange aux dîmes, où les blindés étaient abrités, est pratiquement rasée. L’abbatiale est restée debout, mais elle est très gravement endommagée.

Vers 1946, l’église et la porte Saint-Norbert vues au travers des arcades de la grange aux dîmes, s.d., Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.

Vers 1946, l’église et la porte Saint-Norbert vues au travers des arcades de la grange aux dîmes, s.d.,
Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.