L’abbaye d’Ardenne

Une abbaye aux champs

Ardenne. Le nom de l’abbaye d’Ardenne pourrait venir du vocable celte ar-denn qui signifiait « forêt de chênes ». Un hameau proche de l’abbaye et portant le nom de La Chesnaie semble corroborer cette origine. Son nom pourrait aussi venir du nom de la déesse celte Arduina : l’abbaye aurait en effet été fondée sur l’emplacement d’un temple gaulois qui lui était consacré. Enfin, d’autres sources évoquent une racine italo-celtique. L’abbaye d’Ardenne se situe sur le point le plus élevé de la plaine de Caen (on peut même apercevoir la mer du haut de l’abbatiale), ce qui pourrait laisser supposer un rapport étymologique avec le terme latin arduum, « qui se dresse en hauteur », et le terme gaulois arduenna, « montagne ».

Située sur la commune de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, aux portes de Caen, Ardenne est la troisième grande abbaye de l’agglomération caennaise avec l’abbaye aux hommes et l’abbaye aux dames.

La topographie de l’abbaye d’Ardenne et l’architecture de ses bâtiments sont caractéristiques de ces « abbayes aux champs » nombreuses dans l’ordre de Prémontré. Le domaine régulier, lieu de vie spirituelle organisé autour de l’abbatiale et du cloître (aujourd’hui disparu), est au cœur d’un vaste enclos entouré d’un mur d’enceinte de près de deux kilomètres. Épicentre de l’abbaye, cet ensemble s’ouvre vers l’ouest sur une grande cour dédié au labeur.

Les bâtiments réguliers ont été reconstruits les uns après les autres au gré des vicissitudes de l’histoire ou des initiatives des abbés à la tête de l’abbaye durant les périodes de prospérité. Les bâtiments de l’exploitation agricole ont conservé la physionomie générale qu’ils avaient au Moyen Âge. Il reste peu de choses des autres bâtiments disséminés sur le site au cours des temps et pour la plupart disparus à l’occasion des destructions de 1791-1792 et de 1820-1825, lorsque l’abbaye servit de carrière.