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Fonds

Zourabichvili, François(1965-2006)

Identification

Cote : ZRB
Niveau de description : Fonds
Importance matérielle : 33 boîtes d’archives

Contexte

Producteur : François Zourabichvili
Notice historique/biographique : Professeur de lycée de 1988 à 2001, François Zourabichvili obtient le doctorat en 1999 avec une thèse dirigée par Rose Goetz sur la philosophie de Spinoza qui sera publiée en deux volumes (Spinoza. Une physique de la pensée, 2002 ; Le Conservatisme paradoxal de Spinoza. Enfance et royauté, 2004). Auteur également d’une monographie sur Gilles Deleuze (Deleuze. Une philosophie de l’événement, 1994) et de nombreux articles dans des revues et des ouvrages collectifs, François Zourabichvili a été directeur de programme au Collège international de philosophie de 1998 à 2004, et maître de conférences à l’université Paul-Valéry de Montpellier à partir de 2001.
Modalité d’entrée : Fonds déposé en 2007.

Contenu

Analyse : François Zourabichvili offre une oeuvre courte mais d’une forte densité conceptuelle. Plusieurs choses frappent d’emblée. D’abord, un travail académique très riche. Sa thèse de doctorat sur Spinoza, publiée depuis en deux volumes aux PUF (Spinoza, une physique de la pensée, 2002 ; Le conservatisme paradoxal de Spinoza. Enfance et royauté, 2004), témoigne d’une grande rigueur scientifique dans la lecture, mise au service d’un propos intrinsèquement philosophique. Un travail d’histoire de la philosophie rare, parce qu’il sait se situer en-deçà de la distinction commune entre monographie et interprétation libre. C’est une rencontre, dans tout ce que cela suppose de plus créatif et perturbateur, que cette thèse met en jeu. François Zourabichvili prend la mesure de certains problèmes posés par la philosophie de Spinoza (l’enveloppement, la forme, la transformation), pour proposer un regard qui ne se limite pas à une donation de sens, mais engage le corps de la pensée elle-même dans une perspective nouvelle. Le fonds d’archives de François Zourabichvili met en lumière les coulisses de cette rencontre : les notes, les lectures, les concepts qui ont joué un rôle décisif dans la mise en place d’une structure interprétative toujours vivante et mobile. Le chercheur devient témoin d’une pensée à l’oeuvre dans sa matière la plus brute, ses égarements, ses détours, et comprend ainsi d’autant mieux ses succès. Cette visibilité du travail philosophique in process est propre à un penseur profondément marqué par l’oeuvre de Gilles Deleuze.

François Zourabichvili est un des rares, sinon le seul, à proposer un deleuzianisme actif -combattant ainsi toute forme d’idôlatrie stérile. Là encore, le fonds met en valeur le rapport singulier qu’il tisse avec son ‘maître’. On trouve par exemple ses propres retranscriptions de cours de Deleuze où l’on découvre ce qui le frappait particulièrement et ce qui a pu déterminer quelques directions plus tard empruntées dans son travail personnel. Mais aussi un grand nombre de notes de travail sur un chapitre ou sur un concept deleuzien défini. Par ailleurs, c’est son travail d’enseignant que ces archives permettent de découvrir. Et là encore, il devient possible d’apprécier à quel point l’histoire de la philosophie, et celle-ci dans sa plus grande variété, de Platon à Husserl, d’Aristote à Marx, vient nourrir des créations conceptuelles très riches. Les cours les plus ‘ordinaires’ témoigne d’une tension dans la pensée, une attitude constamment problématique. Les cours les plus originaux témoignent de la variété des horizons que cet esprit explorait, à partir d’un texte ou d’un concept. L’ensemble des conférences et des colloques auxquels il a participé sont regroupés ici. On prend d’autant plus conscience de l’unité qui lie toutes ses activités de recherche.

De la même façon, ses nombreuses fiches de lecture, notes de synthèse, ses dizaines de remarques écrites à propos de films ou de romans pointent le rôle que l’art a pu jouer dans l’élaboration de son propos. C’est la place de l’esthétique comme limite adjacente à la pensée que l’on découvre dans cette étroite relation aux arts. On trouvera également une quantité importante d’éléments de recherche : cours, articles, coupures de presse, tout un ensemble qui enrichit considérablement le regard que nous pouvons porter aujourd’hui sur les fréquentations d’un esprit. Pour chaque article ou cours, on lira avec intérêt les chutes et notes préparatoires qui lui sont associées, donnant à voir la multiplicité des branchements contenus virtuellement par le texte. C’est ainsi que l’oeuvre de François Zourabichvili se révèle réellement – comme un vecteur de connexions multiples et variables. Il a su, comme Gilles Deleuze avant lui, sortir de la philosophie. Ce qui ne suppose pas de s’abandonner ailleurs, dans des préoccupations épistémologiques ou politiques, mais bien d’y revenir, d’opérer un retour chargé de ces recontres, de ces contacts et de cette altérité qui seule peut nourrir la pensée et en provoquer le surgissement. Les archives de François Zourabichvili figurent une ‘cartographie éthologique’ de sa philosophie, en indiquant les innombrables sources de réflexion, les multiples perturbations que le monde a su offrir à sa pensée pour la maintenir en vie. [Paul Laborde]
Accroissements : Fonds clos.

Plan de classement :
Conférences, colloques ZRB 4 à ZRB 5
Correspondance ZRB 11.(1-2)
Eléments biographiques ZRB 31.
Enseignement, cours et séminaires ZRB 6 à ZRB 10
Oeuvre ZRB 1 à ZRB 3
Travaux et recherches ZRB 11.3 à ZRB 30

Conditions d’accès et d’utilisation

Conditions d’accès : Communicable après accord IMEC
Langue : Français
Instrument de recherche : Inventaire (sept. 2012).

Sources complémentaires

Renvois vers d’autres fonds de l’IMEC : Félix Guattari

Notes

Date de description : 2012-11-20
Date de révision :
Catégorie : Auteurs
Thèmes : Philosophie