Institut Memoires de l'Edition Contemporaine
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Architecture

Une abbaye aux champs


Vue d'ensemble de l’abbaye

La topographie de l’abbaye d’Ardenne et l’architecture de ses bâtiments sont caractéristiques de l’une de ces « abbayes aux champs », nombreuses dans l’ordre de Prémontré. Le domaine régulier, lieu de vie spirituelle organisé autour de l’abbatiale et du cloître, est au cœur d’un vaste enclos de vingt hectares entouré d’un mur d’enceinte de près de deux kilomètres. Épicentre de l’abbaye, ce domaine régulier, c’est-à-dire soumis à la règle d’un ordre religieux, s’ouvre vers l’ouest sur une vaste basse-cour qui organise l’espace dédié au labeur. Les frères convers y travaillent, mais aussi une famille affermée par les chanoines et d’autres domestiques, palefrenier, jardinier, boulanger…

Longtemps, la cour de ferme et le parvis de l’église se sont confondus. Une délimitation est toutefois apparue au XVIIe siècle sous la forme d’une balustrade ;
la « clôture ». Cette délimitation a été accentuée par la construction, à la toute fin du même siècle, de la porte Saint-Norbert donnant directement accès à l’abbatiale et aux autres bâtiments réguliers, réservant ainsi l’ancienne porte dite de Bayeux, aux bâtiments de la ferme. Cette porte de Bayeux était le seul élément monumental de l’enceinte médiévale d’Ardenne.

Les bâtiments réguliers ont été reconstruits les uns après les autres au gré des vicissitudes de l’histoire souvent sévères pour l’abbaye d’Ardenne - guerre de Cent Ans, guerres de religion, bataille de Normandie -, ou au gré des initiatives des abbés et des prieurs à la tête de l’abbaye durant les périodes de prospérité En revanche, les bâtiments de l’exploitation agricole, bien qu’eux aussi très souvent reconstruits, ont encore la physionomie générale qui était vraisemblablement la leur au Moyen Âge.

Il reste peu de choses des autres bâtiments, nombreux, disséminés sur le site au cours des temps, pour la plupart disparus à l’occasion des destructions de 1791-1792 et de 1830-1835, lorsque le monastère servit, en quelque sorte, de carrière. Outre l’abbatiale et la porte Saint-Norbert évoquées plus haut, il reste un ancien pressoir et un ancien farinier (qui abritait également une boulangerie, un cellier et des chambres de domestiques), situés tous deux sur le côté sud du domaine régulier. Mais rien n’a survécu de la sacristie et de la bibliothèque qui occupaient jadis le croisillon sud d’un transept projeté, mais jamais réalisé. Plus rien non plus du cloître (évoqué cependant par une arcade décorative apposée sur la façade sud de l’abbatiale), ou de la salle capitulaire (dont les fondements ont été mis au jour) ; rien également du « chauffoir des novices » placé à la perpendiculaire de cette salle capitulaire, ni du « cabinet de l’aumônier », voisin du « grand parloir », ni du long réfectoire, ni de la « dépense », ni du colombier, ni de l’infirmerie...

La porte de Bayeux
La ferme
La grange aux dîmes
La porte Saint-Norbert
L'abbatiale
Le farinier