L'abbatiale
L’abbatiale gothique actuelle, dont seule la grande nef est parvenue jusqu’à nous, a été construite vers 1200. Elle remplaçait une église romane plus modeste, qui avait elle-même succédé à la première chapelle édifiée sur le site.
L’architecture de l’abbatiale compte quelques spécificités. Actuellement réduite à une nef irrégulièrement rectangulaire, elle comprenait à l’origine un chœur à chevet plat et un transept, aujourd’hui disparus. Les plans de l’abbaye révèlent la position ancienne des fondations du chœur et des chapelles attenantes. On voit ainsi que certaines parties avaient été intégrées à des constructions postérieures jouxtant l’abbatiale. De futures fouilles archéologiques en préciseront l’emplacement exact. Ces irrégularités et ces manques s’expliquent par l’histoire d’Ardenne. En 1230, le chœur s’effondre en plein office, tuant l’abbé et vingt-cinq religieux. Les travaux de reconstruction entrepris ensuite semblent avoir limité l’espace sacré à la seule nef. Cette dernière répondait à elle seule aux nécessités du culte à l’abbaye. Huit travées composent la nef dont la largeur n’est pas constante d’une travée à l’autre. En élévation, le vaisseau central comprend deux étages.
Deux portes latérales, voussurées en arc brisé et donnant chacune sur un bas-côté, encadrent ce portail orné. Le tympan portait au centre une niche abritant sans doute autrefois une statue de la Vierge et, de chaque côté, un ange à genoux dont un, bien que très abîmé, est encore visible. Enfin, couronnant la façade, une galerie s’étend entre les deux tourelles octogonales qui, elles aussi, étaient autrefois munies d’une flèche de bois. Elle était bornée d’une balustrade formée de huit gâbles remis en place en 2002. Au-dessus apparaît le pignon de l’édifice percé, au niveau du comble, d’une baie en forme de trèfle. Les parois latérales extérieures de l’abbatiale sont surmontées d’une balustrade à claire-voie. La façade extérieure nord présente de maigres vestiges des deux anciennes chapelles. Dans la pierre, on peut voir les nombreux impacts de balles datant de 1944. La façade sud permet quant à elle d’examiner ce qui reste de l’articulation entre l’abbatiale et les deux cloîtres successifs aujourd’hui disparus.

La voûte de l’abbatiale

Clef de voûte
La voûte sur croisée d’ogives est aussi une curiosité de l’abbatiale. Il s’agit en réalité d’une voûte en bois, faite entre 1686 et 1688. En effet, au début du XVIIe siècle, les colonnes de l’église, insuffisamment soutenues, menaçaient de s’écrouler et d’emporter avec elles la voûte en pierre. Prudents, les moines optèrent pour la solution originale du bois peint. Presque entièrement brûlés en 1944, ses ogives de plein bois et ses voûtains de lambris ont été reconstitués en 2002.
Le mobilier liturgique de l’abbaye a quasiment entièrement disparu. Des statues et des stalles sont visibles dans deux églises de Caen. Ces vestiges sont malheureusement insuffisants pour comprendre quel était l’aménagement de l’abbatiale. Cependant, on sait que l’espace était rigoureusement réparti. Une tribune, appelée jubé, marquait la séparation entre le chœur des chanoines et l’église, réservée aux fidèles. Au XVIe siècle, sous l’effet de la Réforme puis du Concile de Trente, cette clôture se réduit à une grille de fer forgé, déplaçable au gré des besoins. L’encadrement du chœur par deux autels dédiés à Saint Norbert et Saint Augustin était une particularité de l’ordre de Prémontré. Les deux statues visibles en l’église Saint-Jean de Caen proviennent de ces deux autels. On sait de plus que l’autel était décoré d’un retable, et que des peintures couvraient les bas-côtés et les chapelles. Enfin, un orgue complétait ce mobilier.
Transformée en une bibliothèque abritant les principales collections d’imprimés conservées par l’IMEC, l’abbatiale offre aux chercheurs des conditions de travail privilégiées tant du point de vue des modalités de consultation des archives que de la mobilisation des réseaux d’informations spécialisées.
La porte de Bayeux
La ferme
La grange aux dîmes
La porte Saint-Norbert
Le farinier


