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L'abbatialeL'abbatiale gothique, dont seule la grande nef est parvenue jusqu'à nous, a été construite à l'initiative de l'abbé Robert avant 1206. Elle remplaçait une église romane plus modeste consacrée en 1138 par l'évêque de Bayeux, et qui avait elle-même succédé à la première chapelle édifiée par le donateur du lieu, Ayulfe du Marché.
L'abbatiale, vue du potager. Selon toute vraisemblance, l'absence du transept et du chevet prévus lors de l'élaboration du plan initial, indique simplement que la vaste nef actuelle répondait parfaitement à elle seule aux nécessités du culte à l'abbaye d'Ardenne. Cette unique nef est composée de huit travées formant un rectangle irrégulier. Sa longueur est de trente-cinq mètres tandis que sa largeur varie d'une travée à l'autre. En élévation, le vaisseau principal comprend deux étages : à l'étage inférieur des grandes arcades supportées par des piles cylindriques et à l'étage supérieur des fenêtres hautes. Ces deux niveaux sont séparés par une coursière protégée par une balustrade. Remplaçant l'ancienne voûte en pierre démolie au cours des restaurations entreprises par Jean de La Croix , une voûte en bois sur croisée d'ogives est réalisée au XVIIe siècle. Il reste peu de choses du portail principal qui fut à plusieurs reprises sévèrement mutilé. Au-dessus de lui toutefois, une rose, restaurée avec minutie, éclaire toujours le grand vaisseau central. Deux portes latérales, voussurées en arc brisé et donnant chacune sur un bas-côté, encadrent ce portail orné dans son ébrasement d'une rangée d'arcatures et d'un alignement de colonnettes dont les chapiteaux recevaient les voussures entourant le tympan. Ce dernier portait au centre une niche abritant sans doute autrefois une statue de la Vierge et, de chaque côté, un ange à genoux dont un, très abîmé, est encore visible. Enfin, couronnant la façade, une galerie s'étend entre les deux tourelles octogonales qui, elles aussi, étaient autrefois munies d'une flèche de bois. Elle était bornée d'une balustrade formée de huit gâbles remis en place en 2002. Au-dessus apparaît le pignon de l'édifice percé, au niveau du comble, d'une baie trilobée. La voûte sur croisée d'ogives est aussi une curiosité de l'abbatiale. Il s'agit en réalité d'une voûte en bois, faite entre 1686 et 1688. En effet, au début du XVIIe siècle, les colonnes de l'église, insuffisamment soutenues, menaçaient de s'écrouler et d'emporter avec elles la voûte en pierre. Prudents, les moines optèrent pour la solution originale du bois peint. Presque entièrement brûlés en 1944, ses ogives de plein bois et ses voûtains de lambris ont été reconstitués en 2002. Transformée en une bibliothèque abritant les principales collections d'imprimés conservées par l'IMEC, l'abbatiale offre aux chercheurs des conditions de travail privilégiées. |
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